SOMMAIRE
Rappel du contexte réglementaire
Dans les grandes agglomérations, il est obligatoire de déclarer son activité de location saisonnière en récupérant un numéro d’identification à mentionner dans les annonces. Ce numéro a pour objectif principal de permettre de calculer le nombre de nuitées total pour un logement donné, présenté sur plusieurs plateformes.
Sauf si vous louez moins de 120 jours par an votre résidence principale, vous devez demander un changement d’usage à votre mairie, d’un logement d’habitation vers un meublé de tourisme. Ce changement d’usage est contrôlé par les mairies, qui demande souvent des compensations. A Paris par exemple il faut recréer les m2 d’habitation que vous détruisez, bien souvent en convertissant dans l’autre sens un meublé de tourisme (ou un commerce, un bureau, un hôtel etc) en logement d’habitation classique. Ces droits à compensation coûtent plusieurs milliers d’euros/m2. Pour plus de détails consultez notre fiche Location saisonnière Airbnb : réglementation et risques encourus.
Pour être dans les clous, le plus simple est donc de louer sa résidence principale moins de 120 jours, vous n’aurez alors pas de compensation à faire. Vu la demande florissante dans les grandes villes avec la reprise du tourisme international depuis 2022, il peut être tentant de louer plus de 120 jours. Voici les 4 techniques potentielles qui vous permettront de déplafonner vos nuitées de location saisonnière.
Location à la chambre
Pour être considéré comme un meublé de tourisme, il faut que le logement soit loué entièrement à l’usage exclusif du locataire.
Pour l’application du présent article, les meublés de tourisme sont des villas, appartements ou studios meublés, à l’usage exclusif du locataire, offerts à la location à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une location à la journée, à la semaine ou au mois.
Si vous louez une chambre de votre résidence principale, ou même toute votre résidence principale mais à plusieurs locataire dans des chambres séparées, vous ne rentrez pas a priori dans le périmètre du meublé de tourisme et donc dans la règle des 120 jours.
Il faut évidemment que votre logement soit assez grand pour se prêter à cette location à la chambre. Et que par ailleurs la demande soit suffisante dans votre ville car la location à la chambre est moins recherchée que les logements loués en entier.
Pour en savoir plus sur la location à la chambre en longue durée, consultez notre fiche Chambre chez l’habitant : mode d’emploi et modèle de bail.
Louer en bail mobilité
Autre solution pour déplafonner au-delà des 120 jours et bénéficier de la demande de la location courte et moyenne durée : le bail mobilité.
Il s’agit d’un bail signé pour 2 à 10 mois, donc il ne s’agit pas vraiment de la demande de location de vacances classique, mais plus des personnes en mission, en stage ou voyages prolongés qui sont prêt à rester quelques mois. Le prix par nuit est de facto plus faible mais la rentabilité n’est pas loin d’être identique, car vous aurez moins de support client, mois de vacance locative et moins de ménage à faire.
Pour trouver des clients pour ce type de durée vous pouvez demander à des agences spécialisées (taper bail mobilité + le nom de votre ville dans google), sinon il est tout à fait possible de trouver des clients sur airbnb ou booking en mettant une durée minimum de 30 jours et en signant un bail mobilité en parallèle de la réservation.
Plus d’infos sur le bail mobilité et sur le modèle à utiliser sur notre fiche Modèle de Bail Mobilité gratuit avec mode d’emploi.
Utiliser l’exception de l’obligation professionnelle
La règle des 120 jours a été définie car la résidence principale est définie comme le logement que vous occupez au moins 8 mois par an. Les 4 mois restants font grosso modo 120 jours, c’est donc la durée maximale pendant laquelle vous pouvez louer.
Cette définition de la résidence principale est inscrite dans l’article 2 de la loi de 89 qui précise « […]logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure,[…] ». Autant il est compliqué de décider d’une raison de santé ou d’un cas de force majeure, autant il est possible de justifier facilement d’une obligation professionnelle si vous êtes en déplacement régulier, ou si vous avez organisé votre vie pro en télétravail entre deux domiciles.
C’est ce que confirme une jurisprudence récente d’un propriétaire parisien qui a dépassé les 120 jours. Attention vous verrez dans l’analyse de la décision qu’il faut que le logement loué doit rester la résidence principale du propriétaire, même s’il n’y passe plus la majeure partie de son temps.
Attention au cas de force majeure
Une jurisprudence récente précise que le cas de force majeure pour raisons de santé ne permet pas de déplafonner au-delà des 120 jours, dans le cas où c’est un proche de votre famille qui est malade. Voir la jurisprudence.
L’échange de logement
Si vous souhaitez louer votre logement quand vous n’êtes pas là, pour voyager dans le même temps, ou plus tard dans l’année, il est possible d’utiliser des plateformes d’échanges de nuitées comme Homeexchange par exemple. Ces nuitées échangées ne sont pas comptabilisées dans les 120 jours, et vous permettre de monétiser votre logement pendant votre absence au-delà du plafond des 120 jours.
Ces plateformes sont en plein boom, donc la demande est réelle et il est probable que vous arriviez rapidement à avoir des guests qui vous prendront des nuitées. Attention le ménage et l’électricité ne sont pas inclus sur ces plateformes d’échange, vous allez donc devoir investir un peu avant de pouvoir utiliser les points que vous avez pu collecter.
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- Mathieu Chantalat, Directeur immobilier
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Voir l'articleNos experts vous
accompagnent sur l’essentiel.

















bonjour je me demandais ce qui se passait au niveau AIRBNB lorsqu’on passe de résidence secondaire (location saisonnière à l’année) à résidence principale (4 mois possible de location) en cours d’année. si j’ai loué par exemple 5 mois di 1 er janvier au 30 juillet en résidence secondaire puis que je passe en principale a compter du 1er aout, ai je droit de louer 120 jours a compter de cette date jusqu’a fin decembre
merc
Bonjour,
Je me permets de vous écrire pour éclaircir un point concernant la règle des 120 jours applicable aux locations sur Airbnb.
Lorsque nous sommes locataires et possédons un bien que nous souhaitons mettre en location courte durée (LCD) sur Airbnb, devons-nous respecter cette règle des 120 jours ?
Si j’ai bien compris, cette limitation s’applique aux propriétaires ayant acheté un logement utilisé comme résidence principale.
Je vous remercie par avance pour votre retour et pour les précisions que vous pourrez m’apporter.
Bien cordialement,
Auguste
Bonjour,
Oui cela s’applique également à votre location, la règle des 120 jours concernent les résidences principales, sans distinction sur le type d’occupation (locataire ou propriétaire). Sinon tout le monde ferait des fausses locations pour s’affranchir des 120 jours…
Bonjour,
Je souhaiterais connaître la démarche pour utiliser l’exception de l’obligation professionnelle s’il vous plaît. Ma résidence principale se situe à Nice, je fais du airbnb depuis 120 nuitées mais je dois partir aux Bahamas pour obligations professionnelle.
Bonjour,
Je ne pense pas qu’il y ait de démarche, c’est une justification à faire a posteriori en cas de contrôle. Mais si vous voulez avoir un avis avant de partir vous pouvez consulter l’avocat Xavier Demeuzoy qui a défendu le propriétaire dont je parle dans l’article https://www.linkedin.com/posts/xavier-demeuzoy_arr%C3%AAt-cour-dappel-de-paris-29-septembre-activity-6981181181446758400-IWfC?utm_source=share&utm_medium=member_desktop
Merci SmartLoc. Article très clair.
Qui ouvre toutefois à quelques questions.
A. Pour un appartement que je loue toute l’année en meublé, si je loue en bail mobilité la plupart du temps (et reste sous les 120 jours de saisonnier), je n’ai pas besoin de le requalifier en meublé de tourisme, bref je suis dans les clous c’est bien ça ?
B. Sur Airbnb il y a visiblement une dichotomie entre Bail Mobilité et Courte durée. Du coup les Locations Airbnb éligibles au Bail Mobilité (qu’on rédigerait en parallèle) viennent se décompter du quota 120 jours annuel. Sauf à spécifier que notre annonce est dédiée au Bail Mobilité mais dans ce cas on perd la visibilité [courte durée]. Est-ce que je me trompe et y-a-t-il une solution ?
Article très intéressant ! Merci pour les conseils.
J’ai cependant une petite question est-il possible de cumuler un bail mobilité + à la suite 120nuitées en location saisonnière ? et rester en résidence principale ?
Merci par avance