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Mathieu Chantalat 4 décembre 2015 Non classé

Location saisonnière à Paris : le rendement ne compense pas l’interdiction

La loi ALUR a précisé le cadre réglementaire régissant les locations saisonnières type Airbnb. La déclaration en mairie est maintenant obligatoire, et dans les communes de plus de 200 000 habitants (+ celles des Hauts-de-Seine, du Val-de-Marne et de Seine-Saint-Denis), l’autorisation de la mairie est nécessaire.
A Paris par exemple si vous souhaitez louer en saisonnier votre logement vous êtes obligé de transformer la même surface dans le même arrondissement en logement longue durée : c’est ce que l’on appelle la compensation et vu les coûts de l’immobilier à Paris, très peu de propriétaires font la démarche de créer des surfaces d’habitation dans le cadre d’une autorisation.

Une illégalité non rentable

La plupart des loueurs saisonniers sont donc dans l’illégalité, à l’exception de ceux qui louent leur résidence principale (qu’ils occupent donc plus de 8 mois par an), lors de leur absence le week-end ou pour les vacances.

La Mairie durcit fortement les contrôles pour juguler la perte de surface d’habitation que représente la location saisonnière (voir cet article), et les amendes administratives de plusieurs (dizaines) de milliers d’euros commencent à tomber. Voilà pour le risque, qu’en est-il du gain ?

Nous allons probablement vous surprendre mais l’époque bénie de la location saisonnière à Paris est terminée; étant donné la surabondance d’offre sur Airbnb, les prix sont assez compressés par des locataires ou des propriétaires louant, non pas avec des objectifs de rendement, mais pour se créer des revenus additionnels.

Prenons par exemple cette annonce classique d’un 2P de 40m² environ dans le 9ième au pied de la Butte Montmartre : exemple. Il est loué 90€ la nuit ce qui est à peu près le prix moyen pour un 2P de cette taille à Paris dans un quartier prisé mais pas hypercentral. Si le propriétaire le confie à une agence qui lui prendra 25% des revenus et qui lui louera 25 jours par mois, ses revenus seront de 1687€ / mois, auxquels on peut retrancher 200€ par mois environ d’amortissement pour les meubles nécessaires à la location saisonnière et l’entretien de l’appartement induit par une « clientèle de passage » (papiers toilettes, shampoings, usure accélérée des équipements, etc.). Restent donc 1487€/mois, à comparer au loyer maximum de cette zone en location meublée longue durée classique de 1268€ (le loyer constaté est à 1336€/mois selon notre estimateur avec le jeu du complément de loyer exceptionnel).

En résumé, vous risques plusieurs milliers d’euros d’amendes, une usure accélérée de votre appartement et des mauvais relations de voisinage, pour 200€/mois ou 15% d’augmentation. Nous sommes donc bien loin de l’eldorado promis. Au-delà de l’aspect financier, il n’en demeure pas moins que la location saisonnière reste très intéressante sur la souplesse contractuelle, qui vous permet notamment de reprendre l’appartement quand vous le souhaitez.

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